Rencontre avec…. Faïza Guène

Entretien avec Faïza Guène par Y. Muriel

Dans notre volonté de promouvoir les figures d’entrepreneurs culturels à travers le développement d’outils innovants, d’usages collectifs inédits, formes d’agir différentes, formes d’écrire nouvelles… nous souhaitons apporter un coup de projecteur sur un projet innovant comme sont les livres de l´écrivaine Faïza Guène.

Difficile de dresser le portrait de Faïza Guène (https://es.wikipedia.org/wiki/Faïza_Guène) sans l’étiqueter comme l’auteur de banlieue. Pas un journaliste qui ne lui pose une question sur les problèmes de banlieue, pas des médias qui ne la rangent dans le type ” la beurette qui écrit des livres”. Mais en brossant son portrait à gros traits, on la dépouille déjà des quelques clichés. Notamment de l’idée que son succès est  un conte de fée. Selon raconte Faïza en une interview, son professeur lui demande l’autorisation pour qu’une histoire racontée par elle, soit étudié par quelqu’un (une éditrice chez Hachette). Preuve qu’elle a du talent.

Voici les questions que nous voudrions lui poser:

  • J’ai lu dans un entretien que tu as vécu dans un quartier sans cinéma, sans librairie, sans lieu culturel pendant longtemps. Et que ta famille n’avait pas les moyens de t’acheter des livres. Donc, sortir du lot comme écrivaine c’était complètement inattendu. Mais, dans cette opposition d’idées, je trouve une situation innovante. C’est-à-dire, tu as fait ce carton comme écrivaine, parce que tu as agi d’une façon innovante, tu écris des bouquins différents : langage diffèrent,… Comment, sans moyens, tu as devenu une écrivaine différente ? Parce que, á mon avis, l’innovation n’est pas liée à avoir beaucoup de moyens, c’est plus une attitude.

  • Est-ce que tu es une écrivaine “outsider” ?, ou “insider” ?

  •  Dans le livre « Les gens du Balto », le personnage Yéva, c’est pour vous la façon de montrer qu’on peut vivre dans la routine, l’isolement, perdre toute curiosité pour les choses, se contenter de peu. Donc, elle a baissé les bras. Réellement, le livre nous parle d’un gros problème de la vie réel, une attitude qui tue en vie de personnes. Cette idée est une des raisons de t’interviewer, parce que je veux qu’on réfléchisse sur ce sujet. A mon avis, l’innovation n’est pas un choix, c’est un besoin, parce qu’elle change ces gens en personnes qui s’épanouient dans la vie. Pour vous, qui était le but quand on a montré ce type de personnage dans le livre ?

  • J’étais très émue avec autre « loser » du livre « Les gens du Balto », Jacques le daron, dit Jacquot, le daron ou Coco. Un chômeur accro des jeux télévisés. Il dit, par exemple : « …Rester de bosser, pour moi, c’est pas bon, ça me fait repenser au casino…Je suis interdit de jeu… ». et «…Avant, ma vie était : boulot à l’usine, café derrière l’usine, copains de l’usine… Maintenant, enlève le mot « usine » et tu verras bien ce qu’il reste. Que dalle (c’est-à-dire : rien du tout !)… ».

    C’est bien réel ce personnage, aucune personne l’aidera, il restera seul, caché, sans aucune ambition. Il a été viré de son boulot. Mais son réel échec c’est plus se retrouver au milieu du canapé du salon sans penser qu’il peut changer sa vie qu’être au chômage. « Tout ce qu’il me reste, mes grattages, mes grilles de loto sportif et mon Rapido au Balto » dit-il.

    Mais, ce qui est caché dans notre société, dans les medias… ce que l’échec est plus une attitude que une situation personnelle. Le bide, c’est quitter, abandonner, baisser les bras. Pour quoi tu as voulu attirer l’attention sur ce personnage, ce anti-héros ?

  •  Et le méchant Jojo, le patron du café, qui se fiche de Jacques, qui se moque de la fragilité d’un chômeur « …Jojo, le patron du café, el se fiche de moi. Il a une gueule de salopard (genial, Faïza !). Vraiment, c’est écrit sur son front qu’on ne peut pas lui faire confiance… » . Personnellement, je ne suis pas frappée par Jojo, parce qu’est un personnage réel, du quotidien. Mais ce que me frappe c’est que qu’on laisse tomber les « loser ». Donc, on a un devoir qui est caché, de les aider. Et je crois, Faïza, que tu as compris ce devoir car tu les as donné visibilité, lequel est une forme d’aide. Qu’est-ce que tu penses ?

  • Est-ce que tu penses que les sujets culture et innovation sont liées ?

  • Pourquoi la culture encore n’est pas la grande valeur de notre société ? C’est parce que la culture fabrique de personnes plus critiques ?

  • Guilles Deleuze dans la revue Minuit définissait la marchandisation de la culture : « Il faut qu’on parle d’un livre ou qu’on en fasse parler, plus que le livre lui-même ne parle ou n’a à dire». C’est-à-dire, il parle du livre « muet », des romans de gare ou du livre qui se tait au profit de son auteur.

    Pourquoi les livres en tête de gondole et en tête de ventes se perdent dans la superficialité d’un art (écrire) devenu un objet consommable ?

  • Et finalement, le collectif Lire demain (https://yolandamuriel.com/2017/05/15/lire-demain/) réfléchisse sur l’actuelle dématérialisation de la lecture. Face à la question si on va encore lire sur papier, ils croient qu’au moment où le digital offre plus de possibilités que le livre, celui-ci sera de moins en moins utilisé. Est-ce que vous pensez qu’on assiste à une complète transformation de la communication écrite ? Est-ce que vous avez éditions digitales de vos livres ?

Merci beaucoup Faïza, pour votre temps.

Nous aurons d’autres enquêtes sur autres auteurs innovants dans un futur….

 

 

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Acerca de Yolanda Muriel
Arquitecta, ingeniera de edificación y Arquitecta técnica Barcelona, España

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